Cinq sets en Grand Chelem pour les femmes : Sabalenka pour, Swiatek et Pegula contre — un débat qui divise le tennis mondial

Cinq sets en Grand Chelem pour les femmes : Sabalenka pour, Swiatek et Pegula contre — un débat qui divise le tennis mondial

Le débat n’est pas nouveau, mais il revient avec une vigueur renouvelée en ce début de saison 2026. Faut-il aligner le format des matches féminins en Grand Chelem sur celui des hommes, en passant du meilleur des trois sets au meilleur des cinq ? La question, relancée en janvier par Craig Tiley, le directeur de l’Open d’Australie, continue d’agiter le monde du tennis professionnel. Et à Indian Wells ce mardi, c’est la numéro un mondiale Aryna Sabalenka qui a pris position de la manière la plus franche et la plus directe qui soit : elle est pour, et elle pense même que cela lui aurait valu davantage de titres majeurs dans sa carrière.

Une déclaration forte, qui tranche avec les réticences exprimées par d’autres grandes joueuses du circuit, notamment Iga Swiatek et Jessica Pegula. Le tennis féminin est donc divisé sur cette question, et le chemin vers une éventuelle réforme s’annonce long et semé d’embûches.

Sabalenka plaide pour les cinq sets : « Je me sens très forte physiquement »

Quand on lui a soumis la question à Indian Wells, Aryna Sabalenka n’a pas hésité une seconde. La réponse est venue spontanément, avec l’assurance et la franchise qui caractérisent la joueuse biélorusse. « Allons-y », a-t-elle lancé, avant de développer sa pensée. Selon elle, un format en cinq sets lui aurait probablement permis de remporter encore plus de titres du Grand Chelem, en raison de ses qualités physiques et de son endurance remarquable. « Je me sens très forte physiquement, je suis certaine que mon corps pourrait le supporter », a-t-elle ajouté, sans l’ombre d’un doute.

Des propos qui méritent d’être replacés dans leur contexte. À 27 ans, Aryna Sabalenka est déjà l’une des joueuses les plus titrées de sa génération, avec quatre Grands Chelems à son palmarès : l’Open d’Australie 2023 et 2024, l’US Open 2024 et 2025. Un bilan impressionnant, auquel s’ajoutent pas moins de quatre finales perdues, à l’Open d’Australie 2025 et 2026, à Roland-Garros 2025 et à l’US Open 2023. Ces quatre finales perdues constituent précisément le fond de son argumentaire : avec un format en cinq sets, où sa puissance physique aurait pu faire la différence sur la durée, peut-être certaines de ces défaites se seraient-elles transformées en victoires.

L’argument est séduisant sur le plan théorique. Sabalenka est une joueuse qui s’appuie sur une intensité physique hors normes, une puissance de frappe dévastatrice et une capacité à maintenir un niveau très élevé sur de longues périodes. Dans un format en cinq sets, ces qualités seraient davantage récompensées. Les joueuses qui s’appuient sur des schémas tactiques plus élaborés mais physiquement moins dominants pourraient, à l’inverse, se retrouver désavantagées.

La proposition de Craig Tiley : les cinq sets à partir des quarts de finale

Pour comprendre pourquoi ce débat revient sur le devant de la scène en ce début d’année 2026, il faut revenir sur la proposition faite en janvier par Craig Tiley, le directeur de l’Open d’Australie. Ce dernier avait suggéré d’expérimenter le format au meilleur des cinq sets pour les matches féminins en Grand Chelem, mais uniquement à partir des quarts de finale. Une proposition intermédiaire, qui ne concernerait donc pas l’ensemble du tableau féminin, mais seulement les stades avancés de la compétition, là où les enjeux sont les plus élevés et où les joueuses sont supposées être les mieux préparées physiquement.

L’idée de Tiley partait d’une intention louable : valoriser davantage le tennis féminin, lui offrir une visibilité accrue et des matches plus spectaculaires, plus longs, plus intenses, capables de rivaliser avec les grandes affiches masculines qui attirent les foules. Dans un contexte où le tennis féminin cherche constamment à gagner en légitimité et en audience, passer à cinq sets pourrait être perçu comme un signal fort envoyé au monde du sport.

Craig Tiley a depuis quitté ses fonctions à la tête de l’Open d’Australie pour prendre la direction de la fédération américaine de tennis, l’USTA, qui organise l’US Open. Sa proposition reste donc en suspens, sans qu’une décision formelle ait été prise par les instances dirigeantes du tennis mondial. Mais elle a suffisamment agité les esprits pour que le sujet soit désormais incontournable dans toutes les discussions sur l’avenir du tennis féminin.

Swiatek et Pegula : les voix du scepticisme

Face à l’enthousiasme affiché par Sabalenka, d’autres grandes voix du circuit féminin ont exprimé des réserves importantes. L’ancienne numéro un mondiale polonaise Iga Swiatek, cinq fois vainqueure en Grand Chelem, s’est ainsi opposée à cette idée qu’elle a qualifiée de « bizarre dans un monde où tout va toujours plus vite ». Pour Swiatek, augmenter la durée des matches féminins irait à contre-courant des tendances actuelles du sport spectacle, qui cherche au contraire à condenser l’action et à maintenir l’attention d’un public dont la capacité de concentration est de plus en plus sollicitée par de multiples distractions.

L’argument est pertinent. Les grandes compétitions sportives font face à un défi croissant : comment retenir l’attention de spectateurs habitués à la rapidité et à l’instantanéité des réseaux sociaux et des formats courts ? Dans ce contexte, passer à des matches potentiellement longs de quatre ou cinq heures en Grand Chelem pourrait rebuter une partie du public, surtout sur les matches de deuxième tour ou de troisième tour. Swiatek exprime ainsi la crainte de voir l’intérêt du public se diluer au fil des sets, surtout si les matches perdent en intensité dans leurs phases intermédiaires.

Jessica Pegula, cinquième mondiale et présidente d’un conseil chargé de réformer le calendrier du circuit WTA, a quant à elle avancé des arguments plus pratiques. L’Américaine estime que les femmes « ne devraient pas » changer de format, invoquant plusieurs problèmes concrets : l’attention des fans, les contraintes d’organisation sur les courts, les problèmes de programmation dans des tournois où les journées sont déjà très chargées, et l’intensité fluctuante des matches en cinq sets qui peuvent parfois s’étirer en longueur sans offrir un spectacle à la hauteur des attentes. Pegula occupe une position stratégique sur les questions de réforme du circuit féminin, et son opposition pèse donc d’un poids particulier dans ce débat.

Coco Gauff : favorable, mais à condition d’une application équitable

Entre les partisanes convaincues comme Sabalenka et les opposantes résolues comme Swiatek et Pegula, certaines joueuses adoptent une position plus nuancée. C’est notamment le cas de Coco Gauff, la jeune Américaine sacrée à Roland-Garros l’an passé. La championne estime qu’une telle réforme la favoriserait personnellement, se plaçant elle-même parmi les meilleures joueuses physiquement du circuit. Mais elle pose une condition importante : pour être véritablement équitable, le format en cinq sets devrait être appliqué à l’ensemble d’un tournoi, et pas seulement à partir des quarts de finale comme le proposait Tiley.

L’argument de Gauff est logique et cohérent. Introduire les cinq sets uniquement à partir d’un certain stade de la compétition créerait en effet une asymétrie entre les joueuses qui auraient disputé plusieurs matches en trois sets pour atteindre les quarts et celles qui se retrouveraient soudainement confrontées à un format radicalement différent. Une inégalité de traitement qui pourrait être source de frustrations et de controverses. Si la réforme doit se faire, elle doit se faire dans sa globalité, plaide Gauff.

Un débat qui révèle les fractures du tennis féminin moderne

Au-delà de la simple question du format, ce débat sur les cinq sets révèle des fractures plus profondes au sein du tennis féminin. Il met en lumière des visions radicalement différentes de ce que doit être ce sport à l’heure actuelle et dans les années à venir. D’un côté, des joueuses comme Sabalenka et Gauff, qui voient dans les cinq sets une opportunité de valoriser leur physique exceptionnel et de hisser le tennis féminin à un niveau de reconnaissance comparable à celui du tennis masculin. De l’autre, des joueuses comme Swiatek et Pegula, plus attentives aux réalités commerciales et organisationnelles du circuit, qui craignent que cette réforme ne se retourne contre les intérêts du tennis féminin.

La question touche également à des enjeux d’égalité qui dépassent le cadre purement sportif. Depuis des années, le débat sur l’égalité des prize money entre hommes et femmes dans les Grands Chelems a été tranché en faveur de la parité, malgré les protestations de certains joueurs masculins qui estimaient que les hommes, jouant en cinq sets, fournissaient un effort plus important. Passer les femmes aux cinq sets permettrait de couper court à cet argument une fois pour toutes, et de renforcer la légitimité de la parité salariale. C’est un aspect du débat rarement mis en avant, mais qui n’est pas sans importance.

Une réforme encore loin de faire consensus

En l’état actuel des choses, la proposition d’introduire les cinq sets dans les Grands Chelems féminins est loin de recueillir l’adhésion nécessaire pour être mise en œuvre. Les instances dirigeantes du tennis mondial, à commencer par la WTA et l’ITF, n’ont pas annoncé de décision dans un sens ou dans l’autre. Et les divisions au sein même du vestiaire féminin rendent toute réforme précipitée difficile à justifier démocratiquement.

Ce qui est certain, c’est que le débat est désormais ouvert, qu’il ne se refermera pas de sitôt, et qu’il va continuer à alimenter les discussions tout au long de la saison. Indian Wells, l’un des tournois les plus prestigieux hors Grands Chelems, offre une tribune idéale pour que les joueuses expriment leurs positions. Et au fur et à mesure que la saison avancera, vers Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open, la question reviendra inévitablement sur le devant de la scène. Aryna Sabalenka a dit « allons-y ». Le tennis féminin, lui, prend encore le temps de la réflexion.

 

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