Cameroun : 10/20, la nouvelle barre à franchir pour l’admission aux examens officiels

Cameroun : 10/20, la nouvelle barre à franchir pour l’admission aux examens officiels

Le paysage éducatif camerounais est en train de vivre un tournant historique. Le ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyonga, a récemment annoncé une mesure qui a déjà fait couler beaucoup d’encre : désormais, aucun candidat ne pourra être admis aux examens officiels, à savoir le BEPC, le Probatoire et le Baccalauréat, avec une note inférieure à 10 sur 20. Cette décision, qui entre en vigueur immédiatement, fait l’objet de débats passionnés, mais elle marque un changement significatif dans la manière dont les examens seront désormais perçus et gérés au Cameroun.

Une mesure pour promouvoir l’excellence éducative

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L’objectif principal de cette nouvelle mesure est de promouvoir l’excellence et de restaurer la crédibilité du système éducatif camerounais. Jusqu’à présent, de nombreux observateurs et acteurs du milieu éducatif critiquaient la facilité avec laquelle certains candidats obtenaient leurs diplômes, parfois avec des connaissances limitées. En effet, il était devenu courant de voir des étudiants réussir des examens avec des résultats largement insuffisants, mais néanmoins validés, ce qui a conduit à une dévaluation de la valeur des diplômes.

La nouvelle barre fixée à 10 sur 20 est un signal clair : il ne sera désormais plus possible d’obtenir son diplôme sans une maîtrise minimale des connaissances. En d’autres termes, cette mesure vise à garantir que seuls les candidats ayant réellement démontré leurs compétences et leur compréhension des matières étudiées pourront accéder aux classes supérieures et aux cycles universitaires.

Des réactions contrastées au sein de la population

Cette décision, bien qu’accueillie positivement par une majorité de la population, suscite également des interrogations et des critiques. Pour de nombreux Camerounais, cette réforme représente une avancée majeure dans le processus éducatif. Ekani Ottou, un analyste de l’éducation, considère cette mesure comme un pas dans la bonne direction. Selon lui, elle permettra de lutter contre le phénomène des « passe-droits » et d’éviter que des étudiants mal préparés n’accèdent à des niveaux d’études supérieurs pour lesquels ils ne sont pas prêts.

Les partisans de la réforme estiment qu’une telle mesure va renforcer la qualité du système éducatif et réduire les risques d’échec pour les étudiants dans les cycles supérieurs. Ils saluent également l’idée de ne plus permettre à des étudiants mal préparés de poursuivre des études dans des domaines où ils seront rapidement confrontés à des difficultés insurmontables.

D’un autre côté, certains s’inquiètent des conséquences que cette mesure pourrait avoir sur le taux de réussite global. Pour certains, une barre aussi haute risque d’exclure un grand nombre de candidats, notamment ceux des régions les plus reculées où les infrastructures éducatives et les ressources sont limitées. De plus, certains se demandent si tous les établissements scolaires sont effectivement prêts à offrir la même qualité d’enseignement pour que tous les candidats aient une chance équitable de franchir ce seuil de 10/20.

La fin des passe-droits et de la fraude ?

L’une des attentes les plus fortes liées à cette nouvelle mesure concerne la fin des pratiques de manipulation des résultats. Depuis des années, des rumeurs persistaient selon lesquelles certains résultats des examens officiels étaient influencés par des pratiques douteuses, voire de la corruption. Les accusations de fraude étaient fréquentes, notamment dans certaines régions du pays, où des cas de falsification des résultats avaient été signalés.

En imposant ce seuil minimal de 10/20, le gouvernement semble vouloir redonner de la légitimité aux diplômes nationaux, en s’assurant que chaque candidat aura à passer une épreuve de validité avant d’obtenir son certificat d’études. Ce nouveau règlement vise à rendre plus difficile toute tentative de manipulation des résultats, qu’elle provienne des candidats eux-mêmes ou de certains fonctionnaires peu scrupuleux.

Un autre aspect important de cette réforme est la clarification du processus de validation des examens. En exigeant un minimum de 10/20 pour valider un examen, les autorités gouvernementales souhaitent également éviter les inégalités qui découlaient parfois des décisions prises lors de la correction des copies. La procédure devient désormais plus transparente et plus équitable pour tous les candidats, indépendamment de leur origine géographique ou sociale.

Des défis pour les enseignants et les établissements scolaires

Toute réforme de cette ampleur ne peut pas se faire sans défis. Du côté des enseignants, cette nouvelle politique pourrait entraîner un ajustement nécessaire dans la manière d’enseigner. En effet, si les candidats doivent désormais atteindre un score minimum pour réussir, cela implique que les enseignants devront s’assurer que leurs élèves ont acquis les connaissances nécessaires pour y parvenir. Ce challenge est d’autant plus complexe dans les zones rurales, où les enseignants sont souvent confrontés à des classes surchargées et à un manque de matériel pédagogique adapté.

De plus, la réforme pourrait demander un renforcement des mécanismes de suivi des élèves, pour garantir que tous les candidats aient les mêmes opportunités d’accéder à la réussite. Le ministère des Enseignements secondaires devra ainsi accompagner les établissements scolaires dans l’amélioration de la qualité de l’enseignement, notamment à travers des formations continues pour les enseignants et la mise en place de dispositifs d’aide pour les élèves en difficulté.

Un impact à long terme sur le système éducatif camerounais ?

Il est encore trop tôt pour évaluer tous les impacts de cette réforme sur le long terme, mais certains experts estiment qu’elle pourrait avoir des conséquences profondes sur le système éducatif camerounais. D’un côté, elle pourrait contribuer à une élévation du niveau global d’éducation, à la fois en matière de préparation des élèves et de résultats obtenus lors des examens. De l’autre, un tel changement pourrait accentuer les disparités entre les établissements scolaires, avec des établissements mieux financés et mieux équipés ayant plus de chances de préparer efficacement leurs élèves à réussir.

Une des questions qui demeure est de savoir si le système éducatif camerounais est prêt à accueillir cette réforme dans des conditions optimales. L’introduction d’une barre aussi élevée demande des ressources pédagogiques adéquates, une meilleure formation des enseignants, mais aussi un accompagnement psychologique pour les élèves qui risquent de se retrouver déclassés à cause de cette nouvelle exigence.

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