Frontière Cameroun-Centrafrique : Une Tension Persistante sur l’Axe Routier Douala-Bangui

Le transport routier entre le Cameroun et la République centrafricaine (RCA) fait face à une paralysie persistante, alimentée par une insécurité croissante sur l’axe stratégique reliant les deux pays. Malgré la réouverture officielle de la frontière terrestre par les autorités camerounaises, les chauffeurs routiers refusent de reprendre leurs trajets sans garanties solides concernant leur sécurité.

Une Frontière Cruciale pour les Échanges

La République centrafricaine, pays enclavé et en proie à des conflits armés, dépend fortement du port maritime de Douala, au Cameroun, pour acheminer 95 % de ses marchandises et de son aide humanitaire. Cependant, l’instabilité sécuritaire sur les routes reliant Douala à Bangui complique gravement les échanges commerciaux entre les deux nations.

📰 Reste informé avec Savane Inspire sur WhatsApp

Actus du Cameroun 🇨🇲, offres d'emploi, éducation, santé, société… Rejoins +10 000 abonnés qui s'informent chaque semaine sans rater l'essentiel.

✅ Suivre SavaneInspire sur WhatsApp

Des centaines de chauffeurs routiers sont actuellement bloqués à Garoua-Boulai, une ville frontalière située à l’est du Cameroun. Ces derniers refusent de continuer leur trajet vers Bangui, dénonçant la menace constante des bandes armées opérant en RCA. Ces groupes criminels installent des barrages routiers, kidnappent des chauffeurs, exigent des rançons et pillent les marchandises, créant un climat de peur parmi les transporteurs.

Des Témoignages Alarmants

Un chauffeur routier cité par la VOA résume les difficultés rencontrées :

« Nous ne pouvons pas entrer à Bangui à cause de l’insécurité sur la route. Des bandes armées ont kidnappé certains d’entre nous, bloqué nos camions, et les marchandises se détériorent. Nous perdons beaucoup dans cette situation. »

Les chauffeurs réclament la libération immédiate de leurs collègues enlevés ainsi que des mesures de protection avant de reprendre le transport. Cette paralysie met en péril l’approvisionnement en produits de première nécessité en RCA, accentuant les difficultés économiques et humanitaires dans ce pays déjà fragilisé.

Les Efforts pour Une Solution

Du côté camerounais, El Hadj Oumarou, directeur du Bureau des Transports Terrestres de Marchandises, insiste sur la nécessité pour le gouvernement centrafricain de garantir la sécurité des chauffeurs et de leurs marchandises. La responsabilité de protéger les civils sur le territoire centrafricain incombe aux autorités locales, souligne-t-il.

En réponse, le ministre centrafricain des Transports, Arnaud Djoubaye Abaha, a assuré que des mesures étaient en cours pour sécuriser les convois routiers. Il a indiqué que le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, a ordonné à l’armée nationale de fournir des escortes militaires aux chauffeurs se sentant menacés.

Lors d’une déclaration à la télévision nationale, Abaha a affirmé que les camions abandonnés avaient été localisés par l’armée centrafricaine et qu’ils seraient restitués prochainement. Cependant, aucune précision n’a été donnée sur le calendrier de ces restitutions.

Une Situation à Débloquer Rapidement

En attendant des actions concrètes, les chauffeurs routiers camerounais maintiennent leur position : aucun camion ne quittera Garoua-Boulai tant que des garanties claires et des escortes militaires ne seront mises en place pour sécuriser les trajets. Cette grève met également une pression croissante sur le gouvernement camerounais, qui mène des discussions avec les transporteurs pour tenter de désamorcer la crise.

Une Crise aux Répercussions Multiples

La paralysie de cet axe routier stratégique dépasse le simple cadre économique. Elle illustre les enjeux sécuritaires qui entravent le développement régional et souligne la nécessité d’une coopération renforcée entre le Cameroun et la RCA pour restaurer la confiance des transporteurs et assurer la continuité des échanges. Sans une intervention rapide et efficace, cette situation pourrait aggraver les tensions sociales et économiques dans les deux pays.

La sécurisation de la frontière Cameroun-Centrafrique reste un défi majeur, mais elle est indispensable pour garantir la stabilité et la prospérité dans cette région en proie à de nombreux défis. Les prochains jours seront décisifs pour définir l’avenir de cet axe vital.


Votre avis sur cette situation ? Partagez vos idées ou propositions dans les commentaires !

📱 Téléchargez l'application Cameroun Actu maintenant !

Restez connecté(e) aux dernières actualités du Cameroun en temps réel. 🌍📢

🚀 Télécharger maintenant

Disponible gratuitement sur Google Play !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut