
Leonardo Balerdi : la chute d’un capitaine indéfendable
Nouvelle élimination en Coupe de France, tir au but raté, attitude contestée et supporters en colère. Leonardo Balerdi traverse la pire période de sa carrière à l’OM. Retour sur une soirée cauchemardesque et un cas de conscience qui commence à peser lourd sur le club phocéen.
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✅ Suivre SavaneInspire sur WhatsAppUne soirée de trop au Vélodrome
Il y a des soirées qui marquent un tournant. Mercredi soir au Stade Vélodrome, lors du match de Coupe de France opposant l’Olympique de Marseille à Toulouse, Leonardo Balerdi a peut-être vécu l’une des pires nuits de sa carrière sous le maillot olympien. Une prestation individuelle calamiteuse, un tir au but repoussé par le gardien Haug lors de la séance fatidique, et une élimination de plus pour un club qui peinait déjà à digérer ses récentes contre-performances : la coupe était pleine.
Ce qui a davantage frappé les observateurs, c’est la réaction de l’Argentin après l’élimination. Alors que son équipe venait de perdre et que plusieurs de ses coéquipiers cherchaient à se consoler mutuellement, Balerdi, lui, cherchait la confrontation. Invectiver un adversaire au sol, s’en prendre à un joueur qui se plaignait auprès de l’arbitre, tenter de provoquer des adversaires qui célébraient leur victoire : autant de comportements qui ont choqué supporters, journalistes et anciens joueurs. Capitaine en l’absence de Pierre-Emile Hojbjerg — fraîchement nommé par Habib Beye — l’Argentin a incarné tout le contraire de ce qu’on attend d’un leader.
La colère des supporters : une défiance totale
Au coup de sifflet final, les tribunes du Vélodrome ont laissé éclater une frustration longtemps contenue. Les sifflets et les cris à l’encontre du défenseur central ont résonné dans tout le stade. La colère s’est ensuite poursuivie dans les rues autour de l’enceinte, où les supporters n’ont pas mâché leurs mots au micro de La Provence : « Balerdi, qu’il retourne chez lui en Argentine », « Bon à rien Balerdi », « Je veux plus le voir, ni en capitaine ni en défense ».
Ces réactions ne sont pas isolées ni spontanées. Elles sont le fruit d’une accumulation. Saison après saison, les prestations insuffisantes de Balerdi ont alimenté un ressentiment qui, jusqu’ici, était compensé par quelques coups d’éclat ou la confiance aveugle des entraîneurs. Mais à force d’erreurs défensives répétées, de manque d’anticipation flagrant et d’une incapacité à peser sur les matchs décisifs, la patience des supporters a atteint ses limites. La note de 2 sur 10 attribuée par La Provence après la rencontre contre Toulouse illustre à quel point ce joueur, autrefois considéré comme un élément clé de l’arrière-garde olympienne, est tombé bas dans les estimations.
Agressivité hors du terrain, failles sur le terrain
Ce qui est peut-être le plus déconcertant dans le cas Balerdi, c’est ce décalage saisissant entre son comportement belliqueux en dehors des phases de jeu et son manque de tranchant lorsqu’il faut réellement défendre. Adil Rami, ancien joueur emblématique de l’OM, avait déjà pointé ce paradoxe dès le début du mois de février, après la défaite face au PSG : « Déjà de base il passe son temps à chambrer les joueurs et à s’embrouiller avec. Tu es quand même le capitaine de l’OM. Tu dois plus te concentrer sur le jeu, sur ton football. »
Les faits parlent d’eux-mêmes. Face à Toulouse, Balerdi a lâché Cresswell dans son dos, permettant à l’attaquant adverse d’égaliser en fin de match. Un relâchement défensif inexcusable de la part d’un joueur qui se targue pourtant de son leadership vocal. Ce n’est malheureusement pas un fait isolé dans cette saison : une lecture de jeu insuffisante, des anticipations ratées et des duels perdus au mauvais moment ont ponctué l’exercice de l’Argentin. Comme si toute son énergie était dépensée en chamailleries verbales, sans jamais se transformer en intensité défensive sur le rectangle vert.
Sur les réseaux sociaux, Idriss Kasmi du Phocéen a résumé le sentiment général avec virulence : « Qu’il arrête ses attitudes de petit merdeux. Qu’il sache se faire petit dans les moments où il faut se faire petit. Tu as perdu, tu as raté ton penalty, va réconforter ton collègue… C’est facile de faire le malin ! »
Des entraîneurs complaisants, une hiérarchie jamais remise en question
Pour comprendre comment Balerdi en est arrivé là, il faut aussi interroger les choix des entraîneurs qui se sont succédé à l’OM. Roberto De Zerbi, pourtant arrivé avec un mercato défensif copieux — Medina, Aguerd, Pavard — avait semblé vouloir faire évoluer la hiérarchie en début de saison, se passant parfois de l’Argentin. Mais il ne l’a jamais vraiment lâché, continuant à le titulariser et à lui confier le brassard de capitaine, comme si la confiance affichée publiquement pouvait seule ranimer une flamme qui vacille.
Avec l’arrivée d’Habib Beye sur le banc marseillais, beaucoup espéraient une remise à plat. Le nouveau coach, supporter de l’OM dans l’âme, ne pouvait ignorer le passif de Balerdi. Et pourtant, il l’a aligné d’entrée face à l’OL, puis contre Toulouse, reprenant le fil de son prédécesseur comme si la continuité valait mieux que la rupture. Une décision que beaucoup peinent à comprendre, au regard des niveaux de performance affichés cette saison.
Riolo tranche : « Change de club »
Sur les ondes de RMC dans la nuit de mercredi à jeudi, Daniel Riolo a prononcé une sentence cinglante à l’égard du défenseur marseillais : « Le gars-là se fouette tout seul, il est en souffrance permanente. Je pense qu’il a des noeuds à la tête, mais les supporters ne vont pas avoir de peine. C’est trop dur, change d’univers, change de club. On voit que tu veux bien faire, mais tu n’y arrives pas, tu es malade. »
Ces mots, aussi durs soient-ils, traduisent une réalité que personne au sein du club ne semble vouloir affronter officiellement. Balerdi n’est pas un mauvais joueur par essence. Son parcours avant Marseille, sa puissance physique, sa capacité à jouer long et à relancer proprement sont des qualités réelles. Mais dans un club au poids émotionnel aussi écrasant que l’OM, ces qualités ne suffisent plus dès lors que la confiance et le niveau de jeu s’effondrent simultanément. La pression du Vélodrome peut sublimer ou briser — et Balerdi, visiblement, est en train de se briser.
Quel avenir pour Balerdi à l’OM ?
La question qui agite désormais toute la cité phocéenne est simple : Leonardo Balerdi sera-t-il encore titulaire samedi soir ? Habib Beye dispose d’alternatives. Medina a montré de bonnes choses depuis son arrivée. Aguerd, malgré quelques pépins physiques, peut apporter la solidité qui manque cruellement en ce moment. Pavard, enfin, est un défenseur international de haut niveau capable de stabiliser une arrière-garde en souffrance.
Mais au-delà du prochain match, c’est la question de l’avenir de Balerdi à l’OM qui se pose avec acuité. Un joueur rejeté aussi massivement par ses propres supporters peut-il retrouver son niveau et sa sérénité dans un contexte aussi hostile ? La réponse appartient autant à Balerdi lui-même qu’à son entraîneur et à sa direction. Ce qui est certain, c’est que la situation ne peut plus durer dans un silence complaisant. L’OM mérite mieux qu’un capitaine qui chambre en dehors du jeu et disparaît quand les matchs se décident.
En attendant les décisions du staff, tous les regards se tournent vers la composition d’équipe du prochain match. Et nul doute que le nom de Leonardo Balerdi, s’il y apparaît, fera de nouveau couler beaucoup d’encre — et peut-être quelques larmes, côté marseillais.
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