Dieudonné Essomba : « L’État est obligé de sacrifier les populations »
 

Lors de l’émission Club d’Élites de ce dimanche 8 décembre 2024, l’économiste Dieudonné Essomba a livré une analyse critique de la nouvelle loi de Finances 2025. Consultant régulier de Vision 4, il a pointé du doigt une approche qu’il considère comme délibérée de la part de l’État camerounais pour imposer de nouvelles taxes, au détriment des populations déjà en difficulté.

Des sacrifices imposés par les contraintes macroéconomiques

Selon Dieudonné Essomba, l’État camerounais se trouve dans une situation où il n’a d’autre choix que de sacrifier les populations pour résoudre des problèmes macroéconomiques urgents, notamment le remboursement de la dette extérieure.

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« L’État est obligé de sacrifier les populations pour combler les problèmes macroéconomiques, c’est-à-dire les dettes extérieures et autres », a-t-il déclaré.

L’économiste a illustré ses propos par un exemple simple : le Cameroun importe des maquereaux pour répondre à la demande intérieure. Toutefois, en l’absence de ressources suffisantes, comme des revenus issus des exportations de café, le pays est limité dans sa capacité à acheter ces denrées à l’étranger.

« Quand vous vous plaignez au Cameroun, que, par exemple, vous n’avez pas de maquereaux, le Cameroun, lui, ne produit pas de maquereaux. Il doit les acheter ailleurs. Mais s’il n’a pas de ressources, […] vous voulez que le gouvernement fasse quoi ? », a-t-il interrogé.

Une priorité aux préoccupations macroéconomiques

Essomba a poursuivi son analyse en affirmant que l’État camerounais accorde une importance disproportionnée aux enjeux macroéconomiques, souvent au détriment des préoccupations quotidiennes des citoyens.

« Les préoccupations macroéconomiques priment. Ça, il faut l’intégrer. Les problèmes du Cameroun viennent du fait qu’on met trop en évidence les préoccupations microéconomiques, c’est-à-dire les problèmes des populations », a-t-il souligné.

Cette priorisation des grands équilibres économiques, selon Essomba, mène à une politique budgétaire qui alourdit le fardeau fiscal des ménages, tout en négligeant leurs besoins fondamentaux, comme l’accès à des produits de première nécessité.

Un débat de plus en plus clivant

Les propos de Dieudonné Essomba s’inscrivent dans un débat national de plus en plus clivant sur la gestion des finances publiques au Cameroun. Alors que la loi de Finances 2025 introduit de nouvelles taxes et restrictions budgétaires, les critiques se multiplient concernant leur impact sur les populations vulnérables.

Cependant, les défenseurs de ces mesures affirment qu’elles sont nécessaires pour stabiliser l’économie, réduire le déficit budgétaire et garantir la solvabilité internationale du pays.

Quelles perspectives ?

La question soulevée par Dieudonné Essomba est centrale : comment concilier les besoins macroéconomiques d’un État confronté à des contraintes budgétaires sévères avec les attentes légitimes des populations ?

Si le gouvernement ne parvient pas à trouver un équilibre entre ces deux priorités, la grogne populaire pourrait s’intensifier, menaçant la stabilité sociale et économique du pays.

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