Pourquoi le stress bloque les règles

Pourquoi le stress bloque les règles : ce que toutes les femmes devraient savoir

Vous avez remarqué que vos règles ont disparu ou sont devenues irrégulières depuis que vous traversez une période difficile ? Vous n’êtes pas seule. Des milliers de femmes constatent chaque année que leur cycle menstruel se dérègle ou s’arrête complètement en période de stress intense. Loin d’être anodin, ce phénomène révèle à quel point notre corps et notre esprit sont intimement liés.

Comprendre pourquoi et comment le stress peut bloquer vos règles vous aidera non seulement à mieux connaître votre corps, mais aussi à adopter les bonnes solutions pour retrouver un cycle régulier.

Comment fonctionne normalement le cycle menstruel ?

Avant de comprendre comment le stress perturbe tout, voyons d’abord comment ça marche quand tout va bien. Votre cycle menstruel est comme une conversation permanente entre votre cerveau et vos ovaires.

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Au sommet de votre cerveau se trouve une petite zone appelée hypothalamus. Pensez-y comme au chef d’orchestre de vos hormones. Chaque mois, il envoie un message à une autre partie du cerveau (l’hypophyse), qui à son tour envoie des signaux à vos ovaires. Ces signaux déclenchent l’ovulation et la production des hormones féminines : les œstrogènes et la progestérone.

Ces hormones préparent votre corps à une éventuelle grossesse. Si vous ne tombez pas enceinte, leurs niveaux chutent, et c’est ce qui déclenche vos règles. Tout ce processus est d’une précision horlogère, mais il est aussi très sensible aux perturbations extérieures.

Que se passe-t-il dans votre corps quand vous êtes stressée ?

Quand vous vivez une situation stressante – un examen important, des problèmes au travail, une rupture, des soucis financiers – votre corps déclenche une alarme. Il libère une hormone appelée cortisol, souvent surnommée « l’hormone du stress ».

Le cortisol est très utile à court terme. C’est lui qui vous donne l’énergie et la concentration nécessaires pour faire face aux défis. Le problème, c’est quand le stress dure longtemps. Votre corps reste en mode alerte permanent, et le cortisol continue d’être produit en grandes quantités.

Et voilà où les choses se compliquent : ce cortisol en excès vient perturber la conversation entre votre cerveau et vos ovaires. Il empêche le chef d’orchestre (l’hypothalamus) de faire correctement son travail. Les messages ne passent plus bien, les signaux sont brouillés, et toute la chaîne hormonale se déséquilibre.

Résultat ? Vos ovaires ne reçoivent plus les bonnes instructions. L’ovulation ne se produit pas. Et sans ovulation, pas de règles.

Pourquoi votre corps fait-il ça ?

Vous vous demandez peut-être : « Mais pourquoi mon corps bloque-t-il mes règles juste quand j’en ai déjà assez ? » La réponse est à la fois frustrante et fascinante.

En fait, votre corps essaie de vous protéger. C’est un mécanisme de survie qui remonte à nos ancêtres préhistoriques. Imaginez une femme des cavernes confrontée à la famine ou à un danger constant. Tomber enceinte dans ces conditions serait très risqué, aussi bien pour elle que pour un éventuel bébé.

Notre corps moderne réagit encore de la même façon. Quand il détecte que vous êtes sous pression – que ce soit du stress émotionnel, un régime trop strict, ou un entraînement sportif excessif – il se dit : « Ce n’est pas le bon moment pour une grossesse. » Il met donc votre système reproducteur en pause.

C’est sa façon de vous dire : « Concentrons d’abord notre énergie sur ta survie immédiate, on pensera à la reproduction plus tard. »

Les différents visages du stress qui bloque les règles

Le stress ne se résume pas seulement à l’anxiété ou aux soucis. Plusieurs formes de stress peuvent affecter votre cycle :

Le stress émotionnel et psychologique : C’est le plus évident. Un deuil, un divorce, des problèmes au travail, un déménagement stressant, des difficultés financières, ou même la préparation d’examens importants peuvent suffire à bloquer vos règles. Certaines femmes perdent leurs règles pendant toute la durée de leurs études universitaires tellement le stress est intense.

Le stress physique lié au sport : Vous faites beaucoup de sport ? L’exercice physique intense est un stress pour le corps. C’est pourquoi de nombreuses athlètes de haut niveau, danseuses professionnelles, ou femmes qui s’entraînent très intensivement n’ont plus leurs règles. Parfois, plus de la moitié des marathoniennes ou des gymnastes sont concernées.

Le stress nutritionnel : Quand vous mangez trop peu par rapport à ce que votre corps dépense, c’est un stress majeur. Les régimes restrictifs, le fait de sauter des repas régulièrement, ou simplement ne pas manger assez pour compenser vos activités peuvent bloquer vos règles. Votre corps détecte qu’il manque d’énergie et se met en mode « économie ».

Souvent, ces trois types de stress se combinent. Par exemple, une étudiante stressée par ses examens qui fait beaucoup de sport et surveille son alimentation peut être particulièrement à risque.

Les signes qui doivent vous alerter

Comment savoir si le stress est responsable de l’absence de vos règles ? Voici quelques indices :

  • Vos règles étaient régulières avant, mais elles sont devenues irrégulières ou ont complètement disparu depuis au moins trois mois
  • Cette absence coïncide avec une période de stress intense dans votre vie
  • Vous n’êtes pas enceinte (faites toujours un test pour éliminer cette possibilité)
  • Vous n’avez pas d’autres symptômes inquiétants comme des douleurs intenses, des pertes anormales, ou une pilosité excessive

Attention : même si le stress est une cause fréquente, il n’est pas la seule raison possible de l’absence de règles. Il est essentiel de consulter un médecin pour vérifier qu’il n’y a pas autre chose.

Pourquoi vous ne devriez pas ignorer cette absence de règles

Beaucoup de femmes se disent : « Tant mieux, au moins je n’ai pas à gérer mes règles en ce moment ! » C’est compréhensible, mais l’absence prolongée de règles n’est pas anodine.

Vos os sont en danger : Les hormones féminines, notamment les œstrogènes, protègent vos os et les rendent solides. Sans règles pendant plusieurs mois ou années, vos os perdent progressivement leur densité. C’est comme si vous vieillissiez prématurément au niveau du squelette. Des femmes de 25 ou 30 ans peuvent se retrouver avec des os aussi fragiles que ceux d’une femme de 60 ans à la ménopause. Et le pire ? Ces dommages peuvent être permanents.

Votre cœur aussi est concerné : Les œstrogènes jouent également un rôle protecteur pour votre système cardiovasculaire. Leur absence prolongée peut affecter votre cholestérol et augmenter votre risque de problèmes cardiaques à long terme.

La fertilité peut être compromise : Évidemment, sans ovulation, vous ne pouvez pas tomber enceinte naturellement. Et même si cette situation est généralement réversible une fois que vous allez mieux, parfois le cycle met du temps à redémarrer, même après que le stress a disparu.

Votre moral peut en pâtir : Les hormones du cycle menstruel jouent un rôle dans votre bien-être émotionnel. Leur absence peut aggraver l’anxiété, la dépression ou l’irritabilité.

Que fait le médecin pour comprendre ce qui se passe ?

Lors de votre consultation, le médecin va vous poser beaucoup de questions sur votre vie : votre niveau de stress, votre alimentation, votre activité physique, votre poids, vos antécédents médicaux. Soyez honnête, ces informations sont cruciales.

Il vous proposera probablement une prise de sang pour mesurer vos hormones et vérifier que tout fonctionne bien (thyroïde, prolactine, hormones ovariennes). Parfois, une échographie sera nécessaire pour examiner vos ovaires et votre utérus.

Si tous ces examens sont normaux et qu’aucune maladie n’est détectée, le diagnostic sera probablement celui d’une « aménorrhée liée au stress » (le terme médical est « aménorrhée hypothalamique fonctionnelle », mais retenez simplement « absence de règles due au stress »).

La bonne nouvelle ? C’est réversible dans la grande majorité des cas.

Comment retrouver ses règles : les solutions qui marchent vraiment

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, prendre la pilule contraceptive n’est pas la solution. La pilule va certes provoquer des saignements artificiels, mais elle ne résout pas le problème de fond : votre corps ne produit toujours pas ses propres hormones. C’est comme mettre un pansement sur une plaie sans la soigner.

La vraie solution, c’est de s’attaquer aux causes. Voici ce qui fonctionne :

Apprenez à gérer votre stress différemment

C’est plus facile à dire qu’à faire, on le sait. Mais des techniques simples peuvent vraiment faire la différence :

  • La méditation et la respiration profonde : même 10 minutes par jour peuvent réduire significativement vos niveaux de cortisol
  • Le yoga : il combine mouvement doux et relaxation
  • La thérapie : parler à un psychologue peut vous aider à développer de meilleures stratégies face au stress
  • Les activités plaisantes : accordez-vous du temps pour ce qui vous détend vraiment (lecture, bain chaud, temps avec des amis)

Des études ont montré que les femmes qui suivent des programmes de gestion du stress retrouvent leurs règles dans 60% des cas, souvent en quelques mois seulement.

Revoyez votre rapport au sport

Si vous faites beaucoup d’exercice, il faut peut-être lever le pied. Cela ne signifie pas arrêter complètement, mais trouver un meilleur équilibre. Essayez de :

  • Réduire la fréquence ou l’intensité de vos entraînements
  • Alterner exercices intenses et activités plus douces
  • Prendre plus de jours de repos
  • Remplacer certaines séances de cardio intensif par du yoga ou de la marche

Beaucoup de sportives retrouvent leurs règles en diminuant simplement leur volume d’entraînement de 20 à 30%.

Mangez suffisamment

C’est probablement le point le plus difficile pour beaucoup de femmes, surtout si vous avez l’habitude de contrôler votre alimentation. Mais votre corps a besoin d’énergie pour fonctionner normalement.

  • Arrêtez les régimes restrictifs : ce n’est vraiment pas le moment
  • Augmentez progressivement vos portions, surtout si vous faites du sport
  • Ne sautez pas de repas
  • Incluez des graisses saines (avocat, noix, huile d’olive, poissons gras) : elles sont essentielles à la production d’hormones
  • Si vous avez du mal avec la nourriture, consultez un nutritionniste ou un diététicien

Certaines femmes ont besoin de prendre un peu de poids pour que leurs règles reviennent. Il existe un seuil minimal de masse graisseuse (généralement autour de 17-22% selon les personnes) en dessous duquel le corps ne peut pas maintenir un cycle normal.

Dormez mieux

Le manque de sommeil est un stress énorme pour le corps. Visez 7 à 9 heures de sommeil par nuit :

  • Couchez-vous et levez-vous à heures régulières
  • Évitez les écrans une heure avant le coucher
  • Créez une routine relaxante le soir
  • Gardez votre chambre fraîche et sombre

Soyez patiente

Vos règles ne reviendront probablement pas du jour au lendemain. Il faut souvent plusieurs mois pour que le corps se rééquilibre. Continuez vos efforts même si vous ne voyez pas de résultats immédiats.

Quand s’inquiéter et consulter rapidement ?

Prenez rendez-vous avec votre médecin si :

  • Vos règles ont disparu depuis plus de trois mois
  • Vous avez des symptômes inhabituels (maux de tête sévères, troubles de la vision, production de lait sans être enceinte)
  • Vous perdez beaucoup de poids sans raison
  • Vous avez moins de 15 ans ou plus de 45 ans et vos règles s’arrêtent brutalement
  • Vous souhaitez tomber enceinte

Le mot de la fin : écoutez votre corps

L’absence de règles est un message de votre corps. Il vous dit qu’il est en difficulté et qu’il a besoin que vous preniez soin de vous. Ce n’est ni un défaut, ni une faiblesse de votre part. C’est simplement un signal d’alarme.

Dans notre société où tout va vite, où on nous demande d’être toujours performantes, où contrôler son corps et son alimentation est valorisé, il est parfois difficile d’accepter de ralentir, de manger plus, ou de faire moins de sport. Mais votre santé à long terme en vaut la peine.

Vos règles sont un indicateur de votre santé globale, un peu comme une sentinelle qui veille. Quand elles s’en vont, c’est le moment de vous poser et de vous demander : « De quoi ai-je vraiment besoin en ce moment ? »

Souvent, la réponse est simple : plus de douceur envers vous-même, plus de repos, plus de nourriture, et moins de pression. Votre corps sait ce dont il a besoin. Il vous suffit de l’écouter.

Références médicales

Pour aller plus loin, voici les sources scientifiques qui ont servi à rédiger cet article :

  1. Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine. (2008). Current evaluation of amenorrhea. Fertility and Sterility, 90(5 Suppl), S219-225. https://doi.org/10.1016/j.fertnstert.2008.08.038
  2. Gordon, C. M., et al. (2017). Functional Hypothalamic Amenorrhea: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline. Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 102(5), 1413-1439. https://doi.org/10.1210/jc.2017-00131
  3. Berga, S. L., et al. (2003). Recovery of ovarian activity in women with functional hypothalamic amenorrhea who were treated with cognitive behavior therapy. Fertility and Sterility, 80(4), 976-981. https://doi.org/10.1016/S0015-0282(03)01124-5
  4. Warren, M. P., & Perlroth, N. E. (2001). The effects of intense exercise on the female reproductive system. Journal of Endocrinology, 170(1), 3-11. https://doi.org/10.1677/joe.0.1700003
  5. Meczekalski, B., et al. (2014). Functional hypothalamic amenorrhea and its influence on women’s health. Journal of Endocrinological Investigation, 37(11), 1049-1056. https://doi.org/10.1007/s40618-014-0169-3
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