Pourquoi certains couples n’arrivent pas à concevoir même si les examens sont normaux ?

Il arrive parfois qu’un couple consulte pour infertilité, passe tous les examens nécessaires, et que les résultats reviennent “normaux”. Pourtant, les grossesses ne surviennent pas. C’est une situation très frustrante, qu’on appelle souvent “infertilité inexpliquée”. Cela concerne environ 10 à 15 % des couples qui cherchent à avoir un enfant. Alors, pourquoi cela arrive-t-il ? Quelles peuvent être les raisons derrière cette difficulté, même quand tout semble aller bien sur le plan médical ?  


1. Comprendre l’infertilité inexpliquée

L’infertilité inexpliquée est un diagnostic d’élimination. Cela veut dire qu’on l’utilise quand tous les examens standards (spermogramme, échographie, hystérosalpingographie, dosages hormonaux, etc.) ne révèlent rien d’anormal.

Cela ne signifie pas qu’il n’y a aucune cause, mais plutôt que la médecine n’a pas encore identifié précisément où se situe le problème. Parfois, les examens standards ne sont pas assez fins pour détecter des troubles subtils.

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2. Les causes possibles malgré des examens normaux

a) Des troubles de l’ovulation discrets

Même si les cycles paraissent réguliers, certaines femmes ont des ovulations de mauvaise qualité. L’ovule peut être libéré, mais ne pas avoir le potentiel suffisant pour être fécondé. Cela ne se voit pas toujours dans un simple dosage hormonal.

b) La qualité des spermatozoïdes

Un spermogramme peut revenir “normal”, mais cela n’exclut pas des anomalies plus subtiles :

  • fragmentation de l’ADN du sperme,

  • mobilité réduite dans certaines conditions,

  • anomalies fonctionnelles.

Ces défauts microscopiques ne sont pas toujours visibles avec les examens classiques.

c) Les trompes de Fallope

Elles peuvent sembler perméables à l’examen (hystérosalpingographie), mais présenter en réalité de petites adhérences internes ou un manque de mobilité des cils, ce qui empêche l’ovule et le spermatozoïde de se rencontrer.

d) L’implantation embryonnaire

Il est possible que la fécondation ait lieu, mais que l’embryon n’arrive pas à s’implanter correctement dans l’utérus. Cela peut être lié à :

  • un endomètre trop fin,

  • des anomalies moléculaires,

  • ou encore une réponse immunitaire inadaptée.

e) Les causes immunologiques

Chez certains couples, le système immunitaire de la femme peut reconnaître les spermatozoïdes ou l’embryon comme un corps étranger et déclencher une réaction de défense. Ces cas sont encore difficiles à diagnostiquer et à traiter.

f) L’âge

Même si les examens sont normaux, l’âge joue un rôle énorme. La fertilité féminine baisse naturellement dès 30 ans, et encore plus après 35 ans. La qualité ovocytaire diminue, ce qui peut expliquer l’absence de conception malgré des résultats “rassurants”.


3. Les facteurs de mode de vie souvent négligés

a) Le stress

Le stress chronique peut perturber l’ovulation et réduire la qualité du sperme. Il agit aussi indirectement en diminuant la libido et la fréquence des rapports sexuels.

b) L’alimentation

Une alimentation déséquilibrée, trop riche en sucre et en graisses saturées, peut nuire à la fertilité. Les déficits en zinc, vitamine D, acide folique ou antioxydants jouent également un rôle.

c) L’alcool, le tabac et la caféine

Ces substances altèrent la fertilité, même si les examens semblent “normaux”. Chez l’homme, le tabac augmente la fragmentation de l’ADN du sperme. Chez la femme, il accélère la diminution de la réserve ovarienne.

d) Le surpoids et l’obésité

Un excès de poids dérègle les hormones féminines et masculines. À l’inverse, une maigreur excessive peut aussi bloquer l’ovulation.

e) L’environnement

Polluants, pesticides, plastiques (bisphénol A), chaleur excessive pour les testicules (ordinateurs sur les genoux, vêtements trop serrés) : tous ces facteurs influencent discrètement la fertilité.


4. L’aspect psychologique et émotionnel

On oublie souvent que le psychisme joue un rôle. Beaucoup de couples vivent l’attente de grossesse comme une pression énorme. Chaque cycle qui passe devient source de stress, de déception, voire de culpabilité.

Or, ce stress peut provoquer des perturbations hormonales et sexuelles qui compliquent encore la conception. Certaines études ont montré que les couples qui bénéficient d’un accompagnement psychologique ou de thérapies de relaxation voient leur taux de conception augmenter.


5. Quelles solutions envisager ?

a) Attendre et relativiser

Dans certains cas, il faut simplement plus de temps. On considère qu’un couple sur trois réussit à concevoir naturellement même après un diagnostic d’infertilité inexpliquée.

b) Améliorer l’hygiène de vie

  • Adopter une alimentation équilibrée,

  • arrêter tabac et alcool,

  • pratiquer une activité physique régulière,

  • gérer le stress avec du yoga, de la méditation, de la prière ou des loisirs.

Ces mesures simples augmentent les chances naturellement.

c) Avoir des rapports au bon moment

Même avec des cycles réguliers, il est parfois difficile de bien cibler la période fertile. L’utilisation de tests d’ovulation ou de la courbe de température peut aider à optimiser le timing.

d) Les traitements médicaux

Si après un certain temps rien ne fonctionne, les médecins proposent des aides :

  • stimulation ovarienne : pour améliorer la qualité de l’ovulation,

  • insémination artificielle (IAC) : pour rapprocher les spermatozoïdes de l’ovule,

  • fécondation in vitro (FIV) : si le problème persiste.

e) Le diagnostic approfondi

De nouveaux examens existent : étude de la fragmentation de l’ADN spermatique, biopsie de l’endomètre, analyses immunologiques. Ils ne sont pas toujours prescrits d’emblée mais peuvent révéler une cause cachée.


6. Le rôle du couple

La fertilité est une histoire de deux personnes. Il est donc essentiel que l’homme et la femme s’impliquent ensemble. Parfois, les femmes portent tout le poids de la responsabilité, alors que la qualité du sperme est impliquée dans près de 50 % des cas d’infertilité.


7. Quand consulter à nouveau ?

Si après 12 mois de rapports réguliers sans contraception (ou 6 mois si la femme a plus de 35 ans), la grossesse ne vient pas, il est conseillé de revoir un spécialiste. Même avec des examens normaux, un suivi personnalisé permet de ne pas perdre de temps.


Ne pas concevoir malgré des examens normaux est une épreuve difficile. Cela peut donner le sentiment que “tout va bien, mais rien ne marche”, ce qui est très frustrant. En réalité, il existe souvent des causes invisibles aux tests classiques, qu’elles soient liées à l’ovulation, au sperme, aux trompes, à l’implantation ou encore au mode de vie.

La bonne nouvelle est qu’avec un suivi adapté, une hygiène de vie optimisée et, si nécessaire, des techniques médicales comme l’insémination ou la FIV, beaucoup de couples finissent par obtenir la grossesse tant désirée.

Il ne faut donc pas perdre espoir : même face à l’infertilité inexpliquée, les solutions existent.

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