Quelles sont les vraies causes de fausse couche précoce ?

La fausse couche précoce correspond à une interruption spontanée de grossesse avant la 12ᵉ semaine d’aménorrhée. Elle est malheureusement assez fréquente, touchant environ 15 à 20 % des grossesses confirmées. Quand cela arrive, beaucoup de femmes se sentent coupables et cherchent à comprendre ce qui a bien pu provoquer cet arrêt brutal de la grossesse. Pourtant, dans la majorité des cas, il ne s’agit ni d’une erreur de la mère, ni d’une négligence particulière. Les causes de fausse couche précoce sont multiples, et certaines échappent totalement au contrôle de la femme enceinte.


1. Les anomalies chromosomiques : la première cause

La cause la plus fréquente de fausse couche précoce est l’anomalie chromosomique.

  • Environ 50 à 70 % des fausses couches précoces surviennent parce que l’embryon ne possède pas le bon nombre de chromosomes ou que ceux-ci présentent des anomalies.

    🤱 Rejoins notre chaîne WhatsApp !

    Conseils sur la grossesse, l’accouchement et les soins pour bébé chaque semaine. Discrets, utiles, 100% gratuits !

    💬 Rejoindre la chaîne WhatsApp
  • Lors de la fécondation, les chromosomes du père et de la mère s’assemblent. Si une erreur se produit dans cette combinaison, le développement de l’embryon est compromis.

  • Dans ce cas, la nature « interrompt » la grossesse de manière spontanée, car l’embryon ne peut pas se développer normalement.

Ces anomalies sont souvent accidentelles et ne reflètent pas un problème de fertilité permanent chez les parents. C’est pourquoi beaucoup de couples réussissent à concevoir de nouveau sans problème après une fausse couche précoce.


2. Les troubles hormonaux

Le bon déroulement d’une grossesse dépend aussi de l’équilibre hormonal. Certaines anomalies peuvent provoquer une fausse couche précoce :

  • Un déficit en progestérone : c’est l’hormone clé qui prépare et maintient l’endomètre (la paroi de l’utérus) pour accueillir l’embryon. Si la sécrétion est insuffisante, l’embryon ne s’implante pas correctement.

  • Un excès de prolactine : cette hormone, sécrétée en excès par certaines femmes, peut perturber l’ovulation et la régularité du cycle menstruel, augmentant le risque d’interruption de grossesse.

  • Un dysfonctionnement de la thyroïde : l’hypothyroïdie ou l’hyperthyroïdie mal contrôlées perturbent aussi le développement embryonnaire.

Les troubles hormonaux représentent une cause fréquente mais corrigeable de fausse couche, à condition d’être diagnostiqués tôt.


3. Les malformations utérines et problèmes anatomiques

L’utérus joue un rôle central dans le maintien de la grossesse. Certaines anomalies structurelles peuvent fragiliser l’implantation de l’embryon :

  • Utérus cloisonné ou malformé : certaines femmes naissent avec une malformation congénitale qui empêche la bonne implantation.

  • Fibromes utérins : surtout lorsqu’ils déforment la cavité utérine, ils peuvent empêcher le développement de l’embryon.

  • Polypes ou synéchies : des adhérences ou excroissances dans l’utérus réduisent l’espace disponible pour le futur bébé.

Un utérus trop petit ou cicatriciel (après curetage ou chirurgie) peut également limiter la capacité à porter une grossesse au tout début.


4. Les infections

Certaines infections vaginales ou systémiques peuvent causer une fausse couche précoce :

  • Les infections sexuellement transmissibles comme la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis ou le VIH peuvent altérer la grossesse.

  • Les infections banales comme une fièvre élevée due à la grippe ou une infection urinaire non traitée peuvent aussi perturber l’implantation.

  • La listériose (transmise par des aliments contaminés comme les fromages crus) et la toxoplasmose sont connues pour leur danger pendant la grossesse.

La bonne nouvelle est que la plupart de ces infections peuvent être dépistées et traitées avant ou pendant la grossesse.


5. Les maladies chroniques

Certaines pathologies fragilisent la grossesse dès le début :

  • Le diabète mal équilibré augmente considérablement le risque de fausse couche.

  • Les maladies auto-immunes, comme le lupus, peuvent entraîner un rejet embryonnaire ou un défaut de vascularisation placentaire.

  • L’hypertension artérielle sévère affecte aussi la stabilité de l’implantation.

Dans ces cas, un suivi médical spécialisé est essentiel pour réduire les risques.


6. Le syndrome des antiphospholipides

C’est une cause bien identifiée mais souvent méconnue.
Le syndrome des antiphospholipides est une maladie auto-immune où le corps produit des anticorps anormaux. Ces derniers favorisent la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins du placenta, ce qui peut interrompre l’alimentation de l’embryon.

Ce syndrome est souvent suspecté en cas de fausses couches à répétition. Heureusement, des traitements existent (comme l’aspirine faible dose ou les anticoagulants) pour prévenir ces pertes.


7. Le rôle de l’âge maternel

L’âge de la mère est un facteur déterminant :

  • Avant 30 ans, le risque de fausse couche est de 10 à 15 %.

  • Entre 35 et 40 ans, il grimpe à 20 à 25 %.

  • Après 40 ans, il dépasse souvent 40 %.

Cela s’explique principalement par la qualité des ovocytes qui diminue avec le temps, entraînant davantage d’anomalies chromosomiques.


8. Le mode de vie et les facteurs de risque évitables

Outre les causes médicales, certains comportements augmentent le risque de fausse couche précoce :

  • Le tabac : il réduit l’oxygénation et altère la vascularisation placentaire.

  • L’alcool : toxique pour l’embryon dès les premières semaines.

  • Les drogues (cocaïne, cannabis, etc.) perturbent l’implantation et le développement.

  • Le surpoids ou l’obésité : liés à des troubles hormonaux et métaboliques.

  • Le stress intense : il n’est pas directement une cause, mais peut accentuer les déséquilibres hormonaux et fragiliser la grossesse.

Ces facteurs, à la différence des anomalies chromosomiques, sont souvent modifiables et peuvent être pris en charge par un accompagnement médical et psychologique.


9. Les fausses croyances sur les causes

Il est important de préciser ce qui ne cause pas une fausse couche précoce, pour déculpabiliser les femmes :

  • Un effort physique modéré (marcher, monter des escaliers, soulever des objets légers) ne provoque pas de fausse couche.

  • Les relations sexuelles, sauf contre-indication médicale, ne sont pas responsables.

  • Le stress quotidien habituel ne suffit pas à déclencher une fausse couche.

Beaucoup de femmes se sentent coupables après une fausse couche, mais il faut comprendre que la majorité des causes sont indépendantes de leur volonté.


10. Peut-on prévenir une fausse couche précoce ?

La prévention dépend de la cause :

  • Faire un bilan médical avant la conception, surtout en cas de fausses couches répétitives.

  • Équilibrer une maladie chronique (diabète, thyroïde, hypertension) avant de tomber enceinte.

  • Avoir une bonne hygiène de vie : arrêter tabac, alcool, drogues, et maintenir un poids de santé.

  • Faire des dépistages infectieux avant ou au début de la grossesse.

  • Suivre les prescriptions médicales (progestérone, anticoagulants, vitamines) en cas de facteur de risque identifié.


La fausse couche précoce est un événement douloureux, mais dans la grande majorité des cas, elle est liée à des anomalies chromosomiques aléatoires. Les autres causes – hormonales, anatomiques, infectieuses ou liées à des maladies chroniques – peuvent souvent être diagnostiquées et traitées pour favoriser une grossesse future réussie.

Il est essentiel de rappeler que la femme n’est pas fautive. Avoir une fausse couche ne veut pas dire qu’on ne pourra pas avoir d’enfant plus tard. Dans bien des cas, il s’agit d’un accident biologique unique, et beaucoup de femmes connaissent par la suite une grossesse parfaitement normale.

📱 Toutes ces informations sont disponibles dans notre application mobile !
Cliquez ici pour la télécharger gratuitement sur Google Play : Télécharger l’application

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut