
Voici pourquoi les fausses couches surviennent de façon répétée
La grossesse est censée être un moment de joie, d’espoir et d’anticipation. Pourtant, pour certaines femmes, ce rêve est brisé à plusieurs reprises. Après une, deux, voire trois pertes de grossesse, les questions deviennent lourdes, les peurs s’installent, et l’incompréhension domine. Pourquoi cela m’arrive-t-il encore ? Suis-je responsable ? Est-ce que je pourrai un jour porter un enfant jusqu’au bout ?
Si tu te poses ces questions ou si tu connais une femme qui vit cette douleur, cet article t’apportera des explications claires, accessibles et adaptées à notre contexte africain. Il t’aidera à comprendre pourquoi les fausses couches peuvent survenir de manière répétée, et surtout, ce que tu peux faire pour retrouver l’espoir.
Que signifie une fausse couche répétée ?
Une fausse couche est l’interruption spontanée d’une grossesse avant la 20ᵉ semaine d’aménorrhée. C’est un événement malheureusement fréquent : environ une grossesse sur cinq se termine par une fausse couche.
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💬 Rejoindre la chaîne WhatsAppCependant, quand cela se produit plusieurs fois de suite, on parle de fausses couches répétées, généralement à partir de deux ou trois pertes consécutives. C’est à ce stade que les médecins recommandent de faire des examens approfondis pour identifier la cause.
Les causes possibles des fausses couches répétées
Contrairement à ce que l’on pense souvent, ce n’est pas la faute de la femme. Il existe des raisons médicales bien identifiées, que l’on peut traiter ou prendre en charge. Voici les principales.
1. Des anomalies génétiques ou chromosomiques
Lorsqu’un ovule est fécondé, il reçoit la moitié des gènes de la mère et l’autre moitié du père. Parfois, il arrive que ce mélange contienne une erreur : un gène manquant, en double, ou mal placé. L’embryon ne peut alors pas se développer correctement, et le corps interrompt la grossesse.
Ce que tu peux faire : un test génétique appelé caryotype peut être prescrit au couple pour détecter une anomalie chromosomique. Ces tests se font dans des laboratoires spécialisés à Douala, Yaoundé, Abidjan ou Dakar.
2. Des malformations ou anomalies de l’utérus
Un utérus qui présente une cloison (utérus cloisonné), des fibromes, des polypes ou des adhérences (syndrome d’Asherman) peut gêner l’implantation ou le développement de l’embryon. Ces anomalies sont souvent silencieuses : la femme n’a ni douleur ni symptôme visible.
Ce que tu peux faire : une échographie pelvienne, une hystéroscopie ou une IRM peut permettre de détecter ces anomalies. Une petite chirurgie peut parfois corriger la malformation.
3. Un déséquilibre hormonal
La grossesse dépend d’un équilibre hormonal précis. Un manque de progestérone, des troubles de la thyroïde ou un diabète mal équilibré peuvent perturber cet équilibre et provoquer une fausse couche.
Ce que tu peux faire : un bilan hormonal est indispensable. Il peut être prescrit par un gynécologue. En Afrique, de nombreux laboratoires proposent ces examens, accessibles avec une ordonnance.
4. Des infections mal soignées
Certaines infections génitales ou urinaires mal prises en charge peuvent affecter l’utérus ou le col de l’utérus et entraîner une fausse couche. Des bactéries comme la listéria, la toxoplasmose, la syphilis, ou des infections à chlamydia peuvent être responsables.
Ce que tu peux faire : un bilan infectieux complet, associé à un traitement antibiotique adapté si nécessaire, permet de réduire ces risques.
5. Un trouble de la coagulation
Certaines femmes ont ce qu’on appelle une thrombophilie, c’est-à-dire un sang qui coagule trop facilement. Cela peut provoquer la formation de caillots qui empêchent l’oxygène et les nutriments de parvenir jusqu’à l’embryon, entraînant sa mort.
Ce que tu peux faire : des examens spécifiques permettent de détecter ces troubles. Un traitement avec de l’aspirine faible dose ou des anticoagulants comme l’héparine peut être prescrit pour sécuriser la grossesse.
6. Des problèmes immunitaires
Dans certains cas rares, le système immunitaire de la mère rejette l’embryon comme s’il s’agissait d’un corps étranger. Cela empêche la grossesse de continuer normalement.
Ce que tu peux faire : ces cas sont difficiles à diagnostiquer. Ils nécessitent un suivi dans un centre de fertilité, avec des examens immunologiques poussés.
7. Des facteurs liés au mode de vie
L’environnement, le stress, l’alimentation, l’exposition aux produits toxiques, le tabac ou l’alcool peuvent jouer un rôle important. En Afrique, certaines femmes utilisent des plantes abortives sans le savoir, ou prennent des médicaments non adaptés pendant la grossesse.
Ce que tu peux faire : mène une vie saine, évite l’automédication, consulte un professionnel avant de prendre tout médicament ou plante. Adopte une alimentation riche en fer, acide folique, vitamines et antioxydants.
Comment savoir si tu es concernée ?
Voici quelques signaux qui peuvent t’alerter :
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Tu as eu deux ou plusieurs fausses couches successives
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Tes fausses couches surviennent toujours au même stade (ex : 2e mois)
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Tu n’as jamais eu de grossesse menée à terme malgré plusieurs essais
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Tu as des antécédents familiaux de fausse couche ou d’infertilité
Dans ces cas, il est essentiel de ne pas attendre, et de consulter un gynécologue spécialisé ou un centre de fertilité.
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Est-il possible d’avoir un enfant après plusieurs fausses couches ?
Oui. Et c’est important de le dire. La majorité des femmes qui ont connu des fausses couches répétées finissent par avoir une grossesse réussie. Cela demande parfois du temps, des examens, des traitements, mais l’espoir est bien réel.
Bonne nouvelle : dans environ 65 % des cas, une femme ayant fait trois fausses couches ou plus réussit à mener une grossesse à terme après un suivi médical adapté.
Ce que tu peux faire concrètement
Voici un plan d’action clair :
Consulter un spécialiste rapidement
Ne laisse pas passer trop de temps. Plus tu attends, plus les risques peuvent augmenter.
Faire les examens nécessaires
Demande un bilan complet : hormonal, infectieux, génétique, utérin. Cela te donnera une vraie vision de ton corps.
Adopter une hygiène de vie saine
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Supprime alcool, tabac, sodas
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Bois beaucoup d’eau
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Mange des aliments riches : haricots, feuilles vertes, poisson, œufs
Détente et gestion du stress
Le stress affecte aussi les hormones. Respire, parle, écris, prie. Le mental a une grande influence sur le corps.
Écouter ton intuition
Tu es la première à sentir ce qui va ou ne va pas. Si tu ressens qu’un médecin ne t’écoute pas assez, n’hésite pas à demander un second avis.
Témoignage : Grâce à Dieu, j’ai réussi après 4 pertes
« J’ai perdu 4 bébés, toujours au 3e mois. On me disait que c’était la sorcellerie. Un jour, un gynéco à Douala m’a fait faire une échographie et il a trouvé que j’avais une cloison dans l’utérus. Une petite chirurgie plus tard, je suis tombée enceinte. Ma fille a aujourd’hui 2 ans. Je remercie Dieu et le médecin. »
— Aminata, 35 ans, Cameroun
Le mot de la fin : tu n’es pas seule
Tu n’es pas seule à vivre cela. Tu n’es pas responsable. Et surtout : ce n’est pas une fatalité. Il existe des solutions, des traitements, des équipes médicales formées. Tu as le droit à une maternité heureuse, toi aussi.
Parle, pose des questions, cherche un bon médecin. Et surtout, garde espoir.
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