Cameroun : le mandat des députés prolongé jusqu’en décembre, la démocratie en question

Yaoundé, 19 mars 2026

Députés camerounais

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C’est désormais officiel. L’Assemblée nationale du Cameroun est saisie d’un projet de loi qui prolonge le mandat des députés du 31 mars au 20 décembre 2026, soit près de neuf mois supplémentaires sans renouvellement du mandat populaire. Un texte court, deux articles, mais aux implications politiques considérables.

Ce que dit le texte

Le projet de loi s’appuie sur l’article 15, alinéa 4 de la Constitution du 18 janvier 1996, qui autorise le Président de la République, après consultation du Conseil constitutionnel et des bureaux des deux chambres du Parlement, à demander au Parlement de proroger ou de réduire son propre mandat « en cas de crise grave ou lorsque les circonstances l’exigent ».

Le gouvernement avance deux arguments : le poids financier des élections législatives, jugé trop lourd après l’organisation récente de la présidentielle et des élections régionales, et la nécessité de donner à l’organisme chargé des élections le temps de mieux se préparer pour garantir un scrutin plus serein.

Des voix s’élèvent

Ces justifications ne convainquent pas tout le monde. Me Nkongho Felix Agbor Balla, avocat et défenseur reconnu des droits humains, a réagi avec fermeté. Pour lui, ni les contraintes budgétaires ni un manque de préparation ne constituent une « crise grave » au sens de la Constitution. Il s’agit, selon lui, de lacunes de gouvernance, pas de circonstances exceptionnelles.

Sa mise en garde est claire : en banalisant ce type de prorogation, le Cameroun risque d’installer un précédent dangereux où les calendriers électoraux deviennent flexibles selon la volonté de ceux qui détiennent le pouvoir.

Dans un pays où la confiance envers les institutions est déjà fragile, une telle décision pourrait aggraver le fossé entre les citoyens et leurs représentants.

Un enjeu démocratique majeur

Au fond, le débat dépasse la question technique du calendrier électoral. Il touche à un principe fondamental : le droit des citoyens à choisir leurs représentants à échéances régulières et prévisibles. Toute dérogation à ce principe, aussi légalement encadrée soit-elle, doit selon Me Agbor Balla être abordée avec la plus grande prudence.

« La démocratie ne doit pas être retardée. Elle doit être défendue », conclut-il, appelant les parlementaires à s’élever au-dessus des considérations partisanes.

La balle est désormais dans le camp de l’Assemblée nationale, appelée à voter un texte qui engage bien plus que son propre mandat.

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