
ONU : cinq nouveaux membres élus au Conseil de sécurité, dont deux pays africains
L’Assemblée générale des Nations Unies a procédé ce mardi à l’élection de cinq nouveaux membres non permanents du Conseil de sécurité pour la période 2026-2027. La République démocratique du Congo, le Libéria, le Bahreïn, la Colombie et la Lettonie ont été élus à l’issue d’un vote à bulletin secret, remplaçant respectivement l’Algérie, la Sierra Leone, la République de Corée, le Guyana et la Slovénie.
Une élection sans surprise, mais à forte portée symbolique
L’annonce des résultats, saluée par une salve d’applaudissements dans l’hémicycle de l’ONU à New York, vient ponctuer un processus diplomatique de plusieurs mois, jalonné de campagnes menées avec discrétion mais intensité. Bien que peu contestés, les sièges convoités illustrent les ambitions régionales et internationales des pays élus, à travers une lecture géopolitique riche en messages.
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✅ Suivre SavaneInspire sur WhatsAppLa République démocratique du Congo (RDC) retrouve ainsi un siège stratégique au Conseil, alors même que le pays traverse une période particulièrement difficile dans sa région orientale, en proie à des groupes armés et à une instabilité chronique. Pour Kinshasa, cette élection est perçue comme une reconnaissance du poids géopolitique du pays et comme une tribune internationale pour alerter sur la situation sécuritaire à l’est, trop souvent reléguée à l’arrière-plan de l’agenda mondial.
De son côté, le Libéria, longtemps meurtri par des années de guerre civile, s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique de stabilité et de reconstruction. Son accession au Conseil de sécurité symbolise le retour d’un pays résilient sur la scène diplomatique mondiale, désireux de partager son expérience en matière de consolidation de la paix et de réconciliation nationale.
Une représentation plus équilibrée du Sud global
L’entrée conjointe de deux nations africaines illustre également la volonté d’un meilleur équilibre géographique au sein du Conseil. L’Afrique, souvent sous-représentée dans les instances décisionnelles globales malgré son poids démographique et ses multiples défis sécuritaires, trouve ici une voix renforcée, à travers deux pays aux parcours contrastés mais complémentaires.
La Colombie, troisième membre nouvellement élu, n’a cessé ces dernières années de renforcer son positionnement international. Après la signature de l’accord de paix historique avec les FARC et un engagement accru dans les négociations sur le climat et la régulation migratoire, Bogotá entend jouer un rôle moteur dans la diplomatie multilatérale, notamment en Amérique latine.
Le Bahreïn et la Lettonie : des enjeux régionaux sous tension
Le Bahreïn, petit mais influent État du Golfe, s’invite pour la première fois depuis des décennies dans le cercle fermé du Conseil de sécurité. Fort d’un activisme diplomatique discret mais soutenu, et dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, le royaume souhaite porter un regard régional sur les crises actuelles, notamment en lien avec les conflits au Yémen, en Syrie et les relations avec l’Iran.
La Lettonie, quant à elle, représente une Europe de l’Est fragilisée par la guerre en Ukraine et les incertitudes sur la sécurité du flanc oriental de l’OTAN. Riga espère faire entendre les préoccupations des États baltes, confrontés à des enjeux stratégiques majeurs, en particulier face à la Russie. Le pays défend également une diplomatie fondée sur le droit international, la souveraineté des États et la solidarité transatlantique.
Un mandat stratégique de deux ans
Les membres non permanents du Conseil de sécurité n’ont pas de droit de veto, mais jouent un rôle central dans les délibérations, les votes de résolutions et la mise en œuvre des mandats onusiens. Leur influence dépend de leur capacité à créer des alliances, à animer les débats et à défendre avec clarté leurs priorités.
Pour la période 2026-2027, les cinq nouveaux élus rejoindront les cinq membres permanents (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni) et les cinq autres membres non permanents restants. Ensemble, ils devront faire face à des dossiers complexes : Ukraine, Gaza, Soudan, changement climatique, cybersécurité, réformes institutionnelles…
Les priorités annoncées par les nouveaux élus
La RDC, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a déclaré vouloir faire du Conseil de sécurité un acteur plus réactif et plus présent en Afrique, en plaidant notamment pour un renforcement des missions de maintien de la paix sur le continent.
Le Libéria, pour sa part, a insisté sur son engagement en faveur de la gouvernance démocratique, des droits humains et du développement durable, tout en se disant prêt à appuyer les initiatives de paix dans les zones post-conflits.
La Colombie a exprimé son souhait de promouvoir les questions environnementales, la lutte contre les drogues et la coopération Sud-Sud. Le Bahreïn mettra en avant les enjeux de sécurité maritime et de stabilité régionale dans le Golfe. Enfin, la Lettonie a souligné l’importance de défendre l’ordre international fondé sur des règles.
Une élection révélatrice des équilibres diplomatiques
Chaque élection au Conseil de sécurité reflète également les rapports de force et les alliances en mutation au sein de l’ONU. Le vote du 3 juin confirme la montée en puissance de certaines régions souvent marginalisées, ainsi que la volonté des États membres de diversifier la voix des Nations Unies face aux crises contemporaines.
Si les postes de membres non permanents sont techniquement limités, leur portée est bien réelle, surtout pour des pays qui savent saisir l’opportunité pour amplifier leur visibilité, tisser des partenariats et influencer les décisions clés sur la paix et la sécurité internationales.
Avec l’élection de la RDC, du Libéria, de la Colombie, du Bahreïn et de la Lettonie, l’ONU envoie un message clair : la diversité des voix est plus que jamais nécessaire face à un monde fracturé. Ces cinq nations auront deux années pour faire entendre leurs perspectives, proposer des solutions concrètes et contribuer à un multilatéralisme plus inclusif et efficace.
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